Terres Rouges

Les Terres Rouges, un désert français méconnu, situé au Nord de Montpellier. Depuis des années, Mathieu avait envie de faire quelque chose de cet endroit. Avant même la création de la Wizzy, il avait repéré le potentiel incroyable de cet endroit pour créer une vidéo originale de parkour. À la fin du Wizzy Tour, on avait pour projet de réaliser une vidéo dans ce désert photogénique. Cependant, après trois semaines de Trip, toute l’équipe était fatiguée par le manque de sommeil, les trainings intensifs tous les jours et les heures de route. Pourtant on a réussi à puiser dans nos dernières réserves pour réaliser un projet dont on est fier, car on y a mis toute notre âme.

À notre arrivée au Lac du Salagou, après plusieurs heures de voyage, on est directement allé se baigner à cause de la forte chaleur (35 degrés dès le premier jour). Léo a également eu la bonne idée de traverser le lac à la nage avec une bonne partie du groupe. Après 30 minutes pour faire l’allée, Valentin a réussi à se faire ramener en bateau stop par un pêcheur. Après ce petit défi, on s’est mis en route pour repérer l’endroit qui regroupait les spots vraiment intéressants. Notre campement, qui était le lieu le plus adéquat pour passer la nuit était à 45 minutes du spot où réaliser les lines de parkour. Cela rendait le tournage encore plus difficile sachant que les moments les plus propices pour tourner étaient soit le matin, soit le soir. Impossible de tourner de 10h à 17h, la canicule nous empêchait de bouger, nous vidant de toutes nos forces.


Le premier jour nous a surtout permis de repérer les endroits les plus intéressants des Terres Rouges. On a repéré les lines à faire, les plans les plus intéressants à filmer au drone et à quel point on pouvait utiliser ce nouvel environnement à notre avantage. Félix a eu l’idée de former un Wizzy géant avec les grosses pierres blanches sur le sol et de filmer ça en drone. Malheureusement on a rien pu filmer car des gros nuages ont fait leur apparition. Et un gros orage a éclaté. En rentrant près du lac, la route était couverte de centaines d'écrevisses sauvages. Elles étaient sorties du lac à cause de la tempête. On s’est bien amusé avec elles ; elles venaient vers la lumière qu’on émettait. Après le pire repas du trip dû au manque d’eau de ce soir là, on est allé se laver dans le lac à essayer d’éviter les écrevisses. Puis on est parti se coucher pour attaquer le jour 2 en forme.


Lors du deuxième jour on a enfin pu filmer des lines, d’abord une line au FPV avec 2 rushs en POV. La journée commençait hyper bien jusqu’à ce que Valentin se fasse une entorse à cause du sol accidenté du lieu. À ce moment on a compris que ça allait être encore plus difficile que ce qu’on pensait pour ramener quelque chose de cet endroit :
avec un blessé, toute la team en manque d’eau et la météo qui n’était pas à notre avantage, on a décidé de partir se ravitailler et se soigner.
Après chaque moment de tournage, on partait regarder les rushs dans un restaurant pour se redonner de la motivation. On voyait ce que ça allait pouvoir rendre une fois le projet monté et ça nous faisait un bien fou; voir qu’on se donnait autant de mal pour arriver à ce résultat nous a motivé pendant les 4 jours dans le désert.
On a recommencé après une longue pause ; vers 18h. On a pu filmer un plan de coupe au drone. Au moment où on a voulu faire une line dans le canyon, Mathieu a failli devenir aveugle ; le sable projeté dans les yeux lui a fait perdre la vue pendant quelques minutes. En y repensant c’était plutôt flippant que ça puisse aller aussi vite. Après ces quelques péripéties on est rentré se manger des chamallows grillés au coin du feu de camp.



Le troisième jour a commencé avec un petit repérage des alentours ; on a trouvé des des tremplins parfaits pour prendre de l’élan et sauter entre des crevasses. Ce désert est à la base beaucoup utilisé par des moto-cross et vélos tout-terrain et cela nous a permis de le reprendre à notre manière. Après quelques ajustements du terrain (car chaque run demande beaucoup de préparation, entre la chorégraphie, l’aménagement du terrain, les meilleurs axes de vues) on a pu shooter un nouveau run. On a aussi tourné le plan FPV du début. Puis après ça, on est retourné au lac tourner le plan drone de fin de vidéo.
On commençait enfin à y voir clair dans la structuration de la vidéo, le début et la fin étaient définis. Il ne nous manquait plus qu’à tourner un maximum de clips pour avoir une vidéo qui nous convienne. Seul bémol ; à ce moment là il ne nous reste plus qu’un jour de tournage.


On a décidé de se lever à 7h le dernier jour afin d’éviter les fortes chaleurs. Le réveil fût difficile mais c’était le seul moyen d’avoir le temps de tourner les clips qu’il nous manquait. Bouger sous un climat raisonnable nous a permis d’être tellement plus productif : on a réussi à tourner 6 plans le matin. Après la matinée mouvementée, la majorité du groupe était en pleine déshydratation et était pressée de rentrer se mettre à l’ombre et boire. À ce moment on a divisé la team en 2 groupes : un qui n’en pouvait plus et voulait rentrer et l’autre qui a essayé de ramener quelques derniers clips en POV ; on minimisait les essais et on essayait de ne pas faire plus de 2 prises car chaque run nous fatiguait de plus en plus et la blessure due à la fatigue était très vite arrivée sur le terrain imprévisible des Terres Rouges.

L’après-midi on s’est déterminé à revenir sous les 40 degrés et à essayer de ramener les quelques clips qui pourraient améliorer la qualité de la vidéo finale ; après quelques heures de repérage, on a finalement réussi à filmer un dernier run. Puis lorsqu’on a essayé d’en faire un autre, plus personne ne réussissait à bouger. Encaisser les sauts devenait une épreuve pour tout le monde et la majorité du groupe s’étant blessé, on s’est dit que ça ne valait pas le coup de continuer. On a juste eu l’énergie pour faire cette photo de groupe avant que Mathieu manque de s’évanouir à cause de l’insolation.

On garde de très beaux souvenirs de ce projet car même si ce n’est pas la vidéo avec les meilleurs mouvements, tout le monde s’est tellement donné pendant le tournage que ça a montré la persévérance du groupe. C’est cet état d’esprit qui nous définit ; de toujours réussir à s’adapter à la situation et à en tirer le plus possible. D’être porté par cette ambiance de groupe très motivante pour partir dans des projets de plus en plus ambitieux.

Si vous voulez voir en vidéo toutes les péripéties qu'on a rencontré pour mener à bien ce projet, vous pouvez regarder le Behind The Scenes ci-contre :